Bonjour mes lecteurs… Oui, je sais, je n’écris pas souvent… Je viendrai tout vous expliquer dans quelques jours… Cette nuit… 3 heures du matin, je viens de me relever pour la seconde fois… Angoisse… Une angoisse sourde qui ne me quitte pas… Qui doit sortir… Qui doit s’exprimer…
Angoisse de la fin de mois… Angoisse du début du mois… Angoisse de tout ce qui a un lien plus ou moins direct avec l’argent… Angoisse parce que, dans un sens, c’est de ma faute… Je suis encore maman à la maison… Pas encore d’emploi… Moi qui ai un baccalauréat… Angoisse parce que je ne suis pas dans ma ville de départ… Que je dois recommencer à zéro, reprendre la recherche d’emploi… Me « vendre » pour montrer que je suis une bonne enseignante… Que je peux amener beaucoup aux enfants… Angoisse parce que je vois mes anciennes collègues de BAC qui n’ont pas plus de postes que moi… Qui sont en remises en question vues le manque de travail…
Angoisse parce que je voulais offrir à mon mari la possibilité de faire ses études sans qu’il ait à travailler comme il me l’a permis… (Bah il n’a pas que de mauvais côté lol) Il ne travaille pas encore, mais y songe de plus en plus… Et je le comprends… Comment pourrais-je faire autrement? Angoisse parce que depuis déjà 2 mois, on vit chez mes parents… Que je n’ai Aps encore plus rembourser mes dettes comme prévu parce qu’il y a toujours des dépenses imprévues et que l’on vit que sur l’aide financière et les allocations familiales… Comment on aurait pu vivre si on n’avait pas vécu chez mes parents? Si on avait eu un loyer à payer? Tant de questions sans réponse, mais qui ne me lâche pas…
Je me sens coupable de tout… D’être peureuse ou, pour d’autres, lâche de ne pas avoir un emploi stable… Désolée, je ne me sens pas la force de travailler dans un dépanneur avec un BAC de 5 ans qui traîne en arrière de moi… J’ai travaillé dur pour réussir à atteindre mon but, à avoir ce fichu bout de papier qui me semble si inutile présentement… Et pourtant, c’est mon rêve… C’est le métier que j’ai choisi… Je ne me vois pas ailleurs… Tellement pas… Mais ai-je le choix??? Je ne peux pas laisser mes parents payer pratiquement tout dans la maison… Ils ne peuvent pas entretenir ma famille… C’est bien beau de dire que je paye mes choses, les choses des enfants… parfois un peu d’épicerie, du matériel de réno… Mais c’est pas comme si je les aidais vraiment à s’en sortir eux-mêmes…
Je ne sais plus quoi faire… Encore aujourd’hui, une lettre d’un créancier… Un peu plus de 300$ maintenant svp madame… Un appel d’un autre… Seulement 180$ et on ferme le dossier… Mais oui, ça peut sembler facile… Mais aujourd’hui j’aurais dû acheter des pneus d’hiver… Pas payer tout ça… Je ne sais plus où donner de la tête…
Alors quand je me couche, j’étouffe… J’étouffe de ne pas offrir ce qu’il y a de mieux pour ma famille, mes enfants… De me sentir inutile et désemparée… Je sais ce que je dois faire… Mais je ne vois plus comment… Je ne sais plus où Dieu me veut…
Mais moi, je DOIS rester la femme forte… Qui supporte dans les malheurs comme dans les joies… Qui ne peut se permettre de flancher… Je dois rester le pilier… Ils en ont besoin autour de moi et je le sais… Je continuerai à être forte, mes enfants ont besoin d’un bon exemple… Ils ont besoin de leur mère puisque pour le papa c’est aussi difficile et que lui aussi descend facilement…
Je ne veux pas des millions, je ne veux que le nécessaire… Je ne veux pas à angoisser quand c’est le temps de payer un médicament pour soigner mes enfants… Une chance que j’ai un médecin en or… Si compréhensif et si plein de ressource lorsqu’on est dans la misère…
Je ne veux plus vivre sous la charité… Je veux pouvoir continuer à aider… Continuer à faire sortir les gens de leur problème… Je veux qu’on m’aide, mais en même temps pas trop… Je ne veux pas être redevable non plus… Je suis compliquée non??? Désolée, c’est très décousu à cette heure de la nuit… Mais fallait que ça sorte maintenant! Il fallait que j’écrive ces quelques mots… Cette angoisse qui me tenaille les entrailles…
Angoisse… Angoisse de la maladie… De mon petit bonhomme qui vit un automne difficile… Grippe par-dessus grippe… Qui vire en bronchite, qui vire en asthme… Pompe tous les jours… Antibiotiques qui reviennent… Il manque l’école, il en pleure… Il aime tellement y aller… Mais je ne peux pas l’envoyer dans cet état… Pauvre petit cœur… Il ne comprend pas pourquoi il est comme ça… Dire qu’on a eu une lueur d’espoir qu’il n’était plus asthmatique… Cette année, c’est reparti et en grand… Peur de ne pas donner les bons soins… Peur de tout…
Culpabilité… Culpabilité d’en avoir assez parfois de tout faire… De ne pas avoir de nuit complète… De ne pas pouvoir m’asseoir 5 minutes pendant le jour… D’être parfois impatiente quand j’ai eu 10 fois la même question dans la journée… D’être tannée de ne pas pouvoir faire autre chose qu’être « une femme au foyer » … Mère, épouse… mais la femme en moi elle? J’ai même pas le temps d’en prendre soin… Ce serait trop long et mes minutes sont précieuses…
Je me relis et ce que je voudrais dans le fond, c’est être une mère parfaite… Que quand mon chum arrive de l’école, la maison soit impeccable… Repas prêt à manger… Vaisselle faite… Les enfants à table… Je voudrais que quand mon fils revient de l’école je puisse tout de suite prendre un temps de jeu avec lui… Je voudrais que ma puce se couche à des heures normales et donner du temps de qualité à mon mari… Mais même ça, il ne le comprend pas non plus… Il ne voit pas que je ne sais plus où donner de la tête… Et c’est quand je pense à tout ça que je me dis… Comment je vais faire pour EN PLUS aller travailler… En plus de toutes les corvées de tout le monde, les repas, les lunchs, les jeux en famille, le lavage… Peut-être que si je ne dormais plus jamais j’aurais du temps???
Oui, ce soir je suis dans tous mes états on dirait… Et pourtant, je vous le dis… J’essaie de voir le positif à tous les jours malgré tout! C’est ce qui me tient probablement… Je suis bénie quand même… J’ai des enfants qui sont assoiffés d’apprendre… Qui sont énergiques… Qui, malgré l’asthme de mon fils, sont en santé… Qui sont en vies… J’ai un toit sur ma tête… J’ai de quoi manger… J’ai le nécessaire… Mon fils me dit encore je t’aime… J’ai des parents qui nous hébergent sans commentaire désobligeant, qui nous soutiennent… J’ai la chance de participer à une merveilleuse communauté et d’apporter mon grain de sel… J’ai réussi, malgré les obstacles, à avoir mon BAC dans le plus beau métier du monde…
Alors de quoi je me plains? Y’a-t-il vraiment une raison? Le manque d’argent… Oui… Mais j’ai le nécessaire… Oui c’est harassant de se faire harceler par les créditeurs… Mais je n’y peux rien pour le moment :S J’ai peur d’eux, mais je continue de prier pour que je puisse m’en sortir et refaire mon nom de crédit… La fatigue? Ça va revenir un jour… Ma fille fera ses nuits un jour ou l’autre, ce n’est pas un état définitif… Le ménage… Bien désolé, tout le monde doit en faire lol…
Je ne sais même plus comment finir mon texte, j’en aurais encore long à dire… Des choses plus personnelles peut-être, plus concernant mon couple… Ce n’est pas facile… Mais je veux encore y croire…
Ce message aujourd’hui, je ne veux pas me plaindre, je déteste le faire… Il fallait juste que cette boule coincée dans ma poitrine sorte un peu… Que ça soit écrit quelque part… Pour m’enlever une partie de mes préoccupations et peut-être pouvoir enfin dormir un peu…


